Les instruments

La bombarde

Appartenant à la famille du hautbois classique, elle connaît son apogée au 19e siècle en Cornouaille, Vannetais et Loudéac. Destinée, dans un premier temps, au jeu en plein air, elle est accompagnée du biniou.
Instrument à anche double et de perce conique taillée dans l'ébène, le buis ou un bois fruitier, son anche est faite de deux lamelles de roseau (corne ou paille de seigle) ligaturée par un fil poissé; sur un tube de laiton.
Elle est aujourd'hui majoritairement utilisée en tonalité de si bémol dans les répertoires bretons, s'harmonisant ainsi avec la cornemuse d'Ecosse. L'utilisation en bagad a conduit les facteurs d'instruments et les penn soner à rechercher diverses tonalités d'agrémentation. C'est ainsi que l'on peut voir aujourd'hui des bombardes en La, Si naturel, Fa ou Sol, de gammes tempérées ou non.

Le biniou bihan ou biniou kozh

Sa présence est attestée dès la fin du 18e en Bretagne. Variante de la cornemuse utilisée au 14e, cousin de la veuze, la taille de son levriad se trouve extrêmement réduite au début du 19e siècle. Le berceau de son développement se situe en pays vannetais et basse-Cornouaille. Il accompagne la bombarde en sonnant à l’octave supérieure.
Il se compose d’une poche en peau de vache ou de mouton ; d’un porte-vent (le sutel) ; d'un bourdon à anche battante ; enfin d’un chalumeau de perce conique à anche double (appelé levriad, cornichet ou flaouit selon les régions). Les pièces de bois étaient, à l’origine, taillées dans le buis.

Le biniou braz ou great highlandbagpipe

En 1895, Charles Le Goffic introduit la première cornemuse de type Great Highland Bagpipe en Bretagne.
Hervé Le Menn, membre fondateur de la K.A.V. (Kenvreuriezh ar Viniaouerien, Confrérie des sonneurs de biniou), acquiert la cinquième cornemuse de Bretagne, en 1928. Elle est ensuite majoritairement importée par des citadins, la préférant au biniou traditionnel dit « biniou kozh ». Le biniou braz se compose d’une poche ; d’un chalumeau de perce conique et anche double ; de trois bourdons et un porte-vent.
Le Great Highland Bagpipe est sans doute la cornemuse la plus répandue dans le monde aujourd’hui. Il est d’ailleurs souvent assimilé à la cornemuse (famille d’instruments très étoffée).

La veuze

Avatar du biniou au nord et à l’est de la Haute-Bretagne, elle s’y pratique jusqu’au début du 19e siècle avant de se raréfier.
Fortement implantée en Pays Nantais, Pays de Retz, Pays de Guérande, de la Mée, son usage y perdure tout au long du 19e siècle.
En Marais Vendéen Breton, elle est utilisée jusqu’à l’entre-deux guerres. Lors des manifestations populaires, elle se joue souvent en trio, accompagnée d’un tambour et d’un violon, instrument qui tend à la supplanter au début du 20e siècle.
Descendante directe de la cornemuse utilisée dès le 14e siècle, elle est constituée d’une poche, d’un porte-vent, d’un chalumeau de perce conique à anche double, enfin, d’un bourdon à anche simple.

Tamboulin ou tambour

Apanage des annonceurs (garde champêtre, crieur public) dans la tradition populaire, il accompagne le couple biniou-bombarde en pays de Loudéac jusqu’en 1930 ; il se joint aux couples de treujenn gaol en pays Fisel jusqu’aux années 20, et en pays Fanch jusqu’à la seconde guerre mondiale.Caisse claire écossaise

Timbre tendu en contact direct avec la peau supérieure contrairement aux caisses claires d’orchestre, d’où l’appellation « timbre de frappe ».

Grosse caisse

Instrument de souche européenne, on la nomme bedon ou bedondaine au Moyen-Âge (alors qu’elle se porte à dos d’homme), elle apparaît au 18e dans les formations de type orchestral.
Tambour de grande taille frappé avec une mailloche à tête de liège ou de feutre, donnant un son puissant et très grave, elle peut être posée sur un chevalet ou accrochée aux épaules.

Toms

Originaire de Nouvelle-Guinée, il sont importés en Europe durant les années 30 grâce au jazz américain. Ils sont de dimensions variables, avec des fûts très allongés, des éclisses (côtés) cylindriques en bois et de hauteurs diverses.
Fixés sur des trépieds réglables en hauteur, ils sont frappés par des mailloches à tête dure ou feutrées, ou par des balais en métal.
Le pupitre des percussions s’est également étoffé de divers instruments tels que : les cloches tubulaires, le gong, les cymbales, les djembés …